Le Peel Autism Collaborative (PAC) a vu le jour après une interaction très médiatisée entre des policiers et un jeune homme autiste non oralisant.
Même si l’incident a eu un effet catalyseur, John Versluis, directeur des services de sécurité et de bien-être communautaires de la police régionale de Peel, souligne qu’on était également conscient du nombre disproportionné d'interactions entre la police et la communauté autiste. « On reconnaissait qu’à certains égards, il était grand temps d'améliorer notre mode d’interaction et de soutien auprès de la communauté autiste. »
Heureusement, ajoute Joy Brown, une bonne partie du travail préparatoire avait déjà été accompli grâce aux efforts déployés précédemment par la police de Peel pour nouer des relations avec diverses parties prenantes. Récemment retraitée comme policière de la police régionale de Peel, Joy demeure consultante civile auprès de cette instance. « L’Unité de mobilisation communautaire intervient dans de nombreux cas; nous avons des partenaires communautaires avec qui nous pouvons régulièrement communiquer, nous réunir et offrir un important service « enveloppant ». C’est l’ancrage même du PAC. »
Le Peel Autism Collaborative est le fruit d'un partenariat positif entre la police régionale de Peel, Autisme Ontario et d'autres groupes communautaires, dont le Peel Crisis Capacity Network, le SAAAC Autism Centre, ErinoakKids, le Peel District School Board et le Dufferin-Peel Catholic District School Board. La participation continue d'Autisme Ontario au PAC atteste de son constant engagement envers l’action revendicatrice.
« Essentiellement, il s'agit d'établir un lien de confiance et de nouer des relations », explique John. « En nous concertant de cette manière, nous faisons savoir à l’ensemble de la communauté, à la communauté autiste, que nous sommes conscients de notre capacité de faire mieux dans ce domaine, et de notre volonté de faire mieux. »
Pour la police de Peel, cet effort de rapprochement passe en bonne partie par une participation aux activités organisées par les membres du PAC, pour développer un sentiment de familiarité et de confort. À titre d’exemple, Joy cite les visites régulièrement effectuées à ErinoakKids par les agents de police de Peel. « C'est un excellent programme, qui donne vraiment aux jeunes ou aux enfants l'occasion d'interagir et de se familiariser avec les policier∙ère∙s. Et à mesure qu'ils et elles vieilliront, cette interaction avec la police deviendra moins intimidante. C'est donc très important aussi. »
Dans le cadre de la stratégie qui sous-tend le PAC, on a examiné plus de 450 cas entre janvier et août 2025, pour ensuite contacter 82 familles afin de leur proposer un aiguillage vers des partenaires communautaires. Joy indique que le processus d'examen se poursuit, et que le service de police a conclu un protocole d’entente avec le Peel Crisis Capacity Network, un organisme de soutien local, pour faciliter la navigation dans le système.
Le service de police de Peel passe en revue chaque appel reçu qui a un lien même ténu avec l'autisme, pour voir s'il serait possible d'établir un contact et d'offrir un soutien, explique John. « Grâce à notre excellente relation avec le Peel Crisis Capacity Network, nous disposons d'une voie d'aiguillage unique, au lieu de plusieurs, pour orienter les individus et les familles. »
Le travail n'est jamais terminé, dit-il. De nouvelles initiatives émergent constamment et le PAC cherche toujours à s'améliorer. « Nous ne nous regardons pas en disant que nous avons terminé le travail. C'est l'avantage des partenariats. »
« Chaque organisation individuelle ne travaille pas dans son coin », ajoute Joy. Nous fonctionnons comme une entité collaborative, un collectif. »
L’intérêt porté par d'autres administrations à ce qui se passe dans la région de Peel témoigne du succès du PAC. « Les gens remarquent le travail accompli », dit John. « Je pense qu'ils en reconnaissent le besoin. Nous avons fait un effort de défrichage qui a clairement stimulé la réflexion sur l'importance d'être présent dans cet espace. »
