L’art de la pleine conscience

A woman sits alone in a forest facing the sun.
Stephanie Moeser, BSS, MSS, TSI

Nous logeons tous à la même enseigne

Nous vivons tous différemment la situation actuelle. Certains d'entre nous s’en accommodent bien et apprécient de lever le pied de l’accélérateur; certains se sentent dépassés et doivent cumuler plusieurs rôles; certains travaillent en première ligne dans le système de santé ou ont des membres de leur famille qui y travaillent; et certains peuvent avoir de la famille ou des amis directement touchés par la COVID-19. Toutes ces expériences peuvent soulever une diversité d'émotions, de pensées ou même de sensations physiques. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise manière de réagir. Il n’existe pas de feuille de route, et même si c'était le cas, chacun d’entre nous aurait un parcours complètement différent.

Dans ce contexte, il peut être utile de prendre conscience de chaque moment qui passe. Sans jugement, et avec compassion. Il n’y a pas de mauvaise façon de s’y prendre. Tous nos sentiments sont valables. Essentiellement, cette prise de conscience sans jugement de chaque moment est la pleine conscience.

Quand on parle de « pleine conscience », de nombreuses personnes pensent tout de suite à la méditation. La méditation comme telle et la pleine conscience sont deux choses différentes. Face au concept de méditation, les gens pensent souvent qu’il s’agit de se vider l'esprit. De ne pas s’inquiéter. De s’apaiser. De vivre une sorte d'expérience ineffable de béatitude spirituelle. C'est peut-être le cas des moines qui pratiquent quotidiennement la méditation depuis de nombreuses années. Entendons-nous, c’est une voie noble et pleine de foi, mais qui n’est pas à la portée de la plupart des gens. Ce ne doit pas non plus être le but visé. La pleine conscience, c’est s’ouvrir aux sensations et aux sentiments du moment présent, au chaos, à la confusion, à tout ça.

Je reprendrai ici une citation souvent évoquée du Dr Kabat-Zinn, et qui est ma définition préférée :

« La pleine conscience consiste à ramener son attention sur le moment présent, d'une façon particulière et sans porter de jugement. »

Arrêtons-nous quelques minutes sur cette définition. Elle ne suggère en rien la quête d’une quelconque forme de tranquillité ou de paix intérieure. Si seulement il était si facile de cheminer par la pensée vers la paix et la tranquillité. « Redoubler d’efforts » pour atteindre la paix de l’esprit et se débarrasser des inquiétudes mène inévitablement à la frustration et à l’intensification des soucis.

La pleine conscience est l'acceptation

Woman sitting and gazing into the distance while writing in a notebook with a red feather pen.

Je comprends qu’il est difficile d'accepter l'état actuel des choses, et nos réactions à ce sujet. Nous voulons que les choses reviennent à ce qu'elles étaient, et si elles ne peuvent pas y revenir maintenant, nous voulons savoir QUAND elles y reviendront. Quand retrouverons-nous l'ancienne normalité? Est-ce que la nouvelle normalité ressemblera à l'ancienne normalité? Pendant combien de temps encore pourrai-je tenir? Pendant combien de temps encore mes enfants seront-ils privés d’apprentissage en classe, avec moi comme seul enseignant? Quand retrouveront-ils leurs programmes, leurs thérapies et leurs cours de natation? Quand pourront-ils à nouveau aller s’amuser au parc?

La pleine conscience relève d’une intention délibérée de laisser les sentiments être ce qu'ils sont

Ressentir les sentiments. En faire l'expérience. Ne pas s’y accrocher. Les vivre comme observateur, puis les laisser aller. Vous vivez les émotions et les sensations; vous n’êtes pas les émotions et les sensations. Banale en apparence, cette distinction est en fait déterminante. Cette distinction est importante. Accordez-vous cette pause. Permettez-vous d’accepter ce qui émerge et les sentiments que vous ressentez, même si ça semble pour l’instant difficile.

Si l'idée de vous permettre de ressentir toutes ces émotions et sensations vous dépasse, ce n’est pas grave. Dans ces moments, choisissez une activité qui peut vous distraire, une activité vers laquelle concentrer votre intention et votre attention. Ça peut être construire des Legos avec votre enfant, cuisiner, jardiner, écouter (vraiment écouter) de la musique, laver la vaisselle à la main, faire du yoga, se promener en respectant la distanciation sociale…. Essentiellement, trouver une activité qui vous recentre, même pour quelques instants.

N'oubliez pas, il n’y a pas de mauvaise façon de s’y prendre

C'est une nouvelle expérience pour nous tous. Mais ce sur quoi je mise avant tout, c’est l’importance de faire preuve d’auto-compassion. De jeter un éclairage positif sur soi-même.

 

Au sujet de Stephanie Moeser, BSS, MSS, TSI

Plus de 20 ans d'expérience de travail auprès des parents, des aidants naturels, des frères/sœurs et des personnes neurodiverses, et plus particulièrement des adolescents et des adultes autistes. La pratique de Stephanie est principalement axée sur le counselling des jeunes et des adultes TSA et de leurs familles.


 

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